dimanche 13 avril 2008

Travaux Pratiques 1.


Petit sentier de probation.

La Connaissance est le savoir éprouvé. Au fil des articles de l’académie d’Hermès Trismégiste je m’efforce d’ouvrir les livres de la Science Hermétique et de son langage analogique qui est celui qui fait le plus appel aux facultés supérieures. Par mes petits commentaires, j’espère vous donner quelques outils qui en facilitent la pratique et la compréhension. Le meilleur moyen de mesurer vos progrès est encore de mettre vos acquis à l’épreuve par une pratique régulière. Dans ce dessein je vous propose une série de petits travaux pratiques basés sur l’un des textes de la grande tradition hermétique occidentale, le plus connu du plus grand nombre, et pourtant le plus mal compris, je veux parler de la Divine Comédie de Dante Alighieri, traduction de Rivarol.

Je soumets chaque extrait à votre méditation et à votre capacité à en pénétrer les Sens Parlant, Signifiant et Cachant. Libre à vous de nous faire partager par vos commentaires, l’interprétation que vous en faites. Ceux qui feront l’effort de ce partage, seront nécessairement sur le sentier de probation, celui qui consiste à soumettre courageusement ses connaissances à l’épreuve. Ils s’apercevront aussi rapidement qu’en acceptant cet exercice régulier, ils progresseront dans la maîtrise du langage analogique, s’ouvrant par la même de nouvelles perspectives spirituelles.

L’enfer de Dante : Chant I.

Quand j'étais au milieu du cours de notre vie,
je me vis entouré d'une sombre forêt,
après avoir perdu le chemin le plus droit.

Ah ! qu'elle est difficile à peindre avec des mots,
cette forêt sauvage, impénétrable et drue
dont le seul souvenir renouvelle ma peur !

À peine si la mort me semble plus amère.
Mais, pour traiter du bien qui m'y fut découvert,
il me faut raconter les choses que j'ai vues.


.

18 commentaires:

amélia a dit…

Il est un temps dans la vie d’un Homme ( disons aux environs de la moitié de sa vie terrestre :-) ) , où questionnements se font plus « pressant », où il éprouve besoin de « bilan » et où il s’interroge sur la vie qu’il éprouve . Comme si n’ayant pas encore su trouvé « satisfaction et bonheur durable » , il est temps pour lui de formuler les bonnes questions et de s’aventurer une bonne foi(s) pour toute en
ré-solutions "stabilisantes". Cette « sombre forêt sauvage» est le constat des erreurs, de l’ignorance voire même de l’aveuglement dans lequel il s’est fourvoyé jusqu’à présent… Comme si sentant la mort plus proche, il lui est nécessaire de comprendre comment et pourquoi il a vécu. Il mesure toute l’étendue de son ignorance, il saisit « l’horreur » de ses actes et ressent impérieusement possibilité de remédier à cela. « Mais, pour traiter du bien qui m’y fut découvert » : est une prise de conscience de l’être , peut-être même un éveil à son « guide intérieur »

« Quand j'étais au milieu du cours de notre vie, » le terme « notre vie » amène à penser que Dante ne parle pas seulement de lui mais de tous …

...

humito a dit…

Quand j'étais au milieu du cours de notre vie
Infiniment subtil de précision. Comme l'a remarqué Amélia il ne s'agit pas ici de la vie propre du narrateur qui aurait alors utilisé plutôt une formule davantage personnelle comme “ma vie”. La portée du texte est d'emblée plus collective et universelle: notre vie, ce qui invite les lecteurs à ce confondre avec le sujet, à le faire sien. Mais de quoi s'agit-il exactement concernant cette vie? Nous pouvons entendre par cela la moitié de notre vie terrestre et attribué ainsi à ce milieu une certaine temporalité. Cependant, je doute fort que cela soit au plus juste, puisqu'il n'est de loin pas nécessaire d'attendre d'avoir plus d'une trentaine d'année sous nos latitudes pour pouvoir enfin emprunter le chemin de l'Esprit dans sa phase ascentionnelle. Il s'agit davantage selon moi de la vie dans son principe de mouvement; involutif d'abord puis évolutif ensuite. La moitié du cours de notre vie représente dès lors comme un nadir situé exactement là ou la prise de conscience de notre involution va nous amené à évoluer (ce qui se retrouve justement plus tard dans l'extrait...). Cette conception me semble, de moins humble avis, plus universelle car pouvant s'étaler sur toute la ligne du temps, voire même se répéter. C'est d'ailleurs en total cohérence avec la portée du chef d'oeuvre de Dante dans laquelle la remontée s'effectue du point le plus bas “ L'Enfer” jusqu'au zénith “Le Paradis”.

je me vis entouré d'une sombre forêt
“Je me vis” indique ici une prise de conscience , une attention portée par soi sur soi qui nécessite une mise en retrait. Quant à la forêt sombre, nous la retrouvons aussi cette forêt dans plusieurs autres contes et textes alchimique dont notamment Les Noces Chymiques. Cette forêt consitue selon en ensemble de pensées qui ont végétées et qui de germes se sont transformées, nourris par celui qui recoit. Si la forêt est sombre, c'est d'une part peut-être parce que les pensées nourries qui ont portés un fruit de même espèce dans le sujet relevaient du Destin et avaient ainsi une portée involutive. D'autre part parce que la prise de conscience du narrateur lui a permis de porter au grand jour et ainsi révéler la véritable “identité” de ces pensées, constatant de ce fait qu'il s'était perdu.

après avoir perdu le chemin le plus droit.
Nous connaissons l'expression populaire “quitter le droit chemin” utilisée pour indiquer un abandon des valeurs communes...dans ce texte, des valeurs universelles...
La conscience de s'être perdu ne peut exister que chez celui qui porte en lui la conscience du bon chemin...

Ah ! qu'elle est difficile à peindre avec des mots,
cette forêt sauvage, impénétrable et drue
dont le seul souvenir renouvelle ma peur !

Sauvage dénote comme une touche animalière. Impénétrable indique qu'on ne peut en sortir en la traversant (puisque le sujet est comme l'a écrit Dante, entouré). Une prison en quelque sorte, tout comme celle ou l'âme est enfermée par l'égo, qui peut aussi très bien être aussi celle des lois du Destin ( cause à effet)... Alors alors, si l'on ne peut en sortir en la pénétrant, c'est bien que le seul moyen d'en échappé est par le haut, en changeant de plan..
De plus, s'il est si difficile de la peindre avec des mots, c'est que le peintre ne possède pas encore le talent nécessaire pour le faire. Il est encore trop ignorant de celle-ci, du méchanisme du Destin du Vice, de ses pièges, et c'est justement parce que la forêt est pour lui encore inconnue, qu'il éprouve au seul souvenir de cette dernière, de la peur, cette émotion plus qu'aliénante dont il devra se défaire.

À peine si la mort me semble plus amère.
Ah, magnifique monsieur Dante, quel régal!! L'âme emprisonnée dans les griffes du Destin (ou dans les branche de cette forêt dense) est comme morte, inerte et se laisse tomber sans résistance attirée par la masse des pensées lourdes et épaisses. Combien parmi ceux que nous considérons comme vivant sont en vérité déjà morts, peut-être même déjà en enfer sans même le savoir...
Seul l'Esprit vivifie.

Mais, pour traiter du bien qui m'y fut découvert,
il me faut raconter les choses que j'ai vues.

Si l'on s'en tient à une lecture peut-être plus spirituel de l'extrait, cette vue n'est pas celle des sens organiques, mais celles de l'esprit, la clairvoyance.
Nous pouvons aussi remarqué que la découverte n'est pas attribuée à ce “je”, mais à quelque chose, quelqu'un d'autre....

Fraternellement

Humito

humito a dit…

Oh encore une petite chose..

le chemin le plus droit
il y a encore ici une précieuse indication. Le chemin LE PLUS droit. Car effectivement, au mieux on ne peut qu'avancer autant-que-possible... Champs de possibilités qui s'élargissent au fur et à mesure de notre avancement....
Ainsi autant-que-possible est la condition requise pour pouvoir suivre le chemin libérateur.

gery a dit…

Durant sa progression sur le parcours initiatique (notre vie : les vies terrestres), au milieu, un initié possédant un niveau de connaissances et d’éveil déjà conséquent même s’il sait qu’il n’est pas arrivé encore à l’accomplissement total.
En accédant à un plan de perception encore supérieur, il ne discerne plus la lumière (le sentier) parce qu’il est confronté un nouveau pallier dans sa progression ( ?), et son niveau de « conscience-connaissance-éveil » ne lui permet pas encore de percevoir la lumière dans ces ténèbres.
Forêt sombre, hors de la réalité terrestre et dont la perception ne peut se faire sur de plan de la matérialité, l’initié a forcément accès à des facultés supérieures de perception. L’éloignement de la lumière provoque la plongée dans les ténèbres de sa peur dont l’origine est aussi sa propre ignorance de ce qui l’environne et de ce qu’il perçoit et ne comprend pas.
S’agit-il d’une épreuve dont le niveau marque l’initié à tel point que la « mort amère »( assimilée à un retour au point de départ d’une nouvelle vie terrestre avec à nouveau le chemin à parcourir, sorte de retour au point zéro de la connaissance et de l’éveil… amère parce qu’il n’a pu parcourir plus avant le sentier) est presque plus supportable ?
Mais cependant, les ténèbres sont le voile d’une lumière «…du bien découvert ». Les ténèbres sont d’ailleurs issues de la lumière :
«1.5 la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point reçue »
Evangile de St Matthieu
Apparemment dans le texte cité, lumière reçue, au moins en partie sinon en totalité (la peur toujours pénible à évoquer… ?), par l’activation de la volonté et de la force de l’initié.

OseKa a dit…

au milieu du cours de notre vie...
nous ne sommes jamais seuls dans notre chemin sur cette terre d'expiation, et à qui sait ouvrir ses sens spirituels la conscience de l'union du visible et de l'invisible devient bien réelle....

notre présence dans le monde de l'incarnation est une chance de progrès qui nous est offerte non sans protection...

entre la providence et le destin que représente la sombre forêt, le chemin le plus droit, celui de la conscience juste en pensée, en parole et en action (la célèbre loi de Maât).

impénétrable et drue...
la science hermétique est véritable ment celà pour ceux qui cessent d'agir dans l'activation de la faculté volitive...

du bien qui m'y fut découvert...
on ne peut découvrir que ce qui avait été couvert préalablement... lors de la traversée du fleuve Léthée... peu à peu l'éveil spirituel des sens permet alors de
soulever le voile qui nous masque la mémoire universelle, intemporelle des choses...

L'enfer est un monde bien intérieur qui nous entoure... car nous devenons inévitablement que ce que nous pensons... fort de cet axiome "je suis celui qui se crée lui même"... soit mage ou sorcier de sa propre vie...

gery a dit…
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Lug le gardien du Temple a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Lug le gardien du Temple a dit…

Félicitations aux premiers participants à ces travaux pratiques.

La qualité des ouvrages honore les oeuvrants, que j'encourage à pouruivre ce petit exercice, lors des prochains extraits.

Cristale a dit…

Compléter… peut être… Autant que possible !

Si la portée de ces trois paragraphes de trois lignes (3 X 3) est d’emblée universelle, c’est aussi que quelque soit le point de vue d’où l’on se place, du particulier au général, le(s) sens reste(nt) vrai(e)s.
Enfin de sens, c’est de la vision qu’il est essentiellement question ici.
Quand j'étais au milieu du cours de notre vie,
je me vis entouré d'une sombre forêt,
après avoir perdu le chemin le plus droit.

Le plan « parlant » évoque un seuil sans issue vers l’extérieur, où le narrateur sait qu’il s’est égaré de la voie « simple », celle qui est le summum de la sophistication.

Ce premier paragraphe est exprimé au temps passé.
Celui qui parle « était au milieu » un centre qui évoque un cercle, une roue, un point, du cours de « notre » vie » ; « cours » qui évoque l’écoulement, l’élément eau comme le flot de vie.
Par ce « je » c’est en effet autant d’individu qu’il est question que d’universel par ce « notre » évocation de sa lumière (l’ombre nôtre) ; le « nous » n’est pas exclus, puisque sous-entendu.
Ce Nous, qui s’exprime par l’unité alors comme en recul d’elle-même, se voit (indispensable changement de plan), à ce moment, à cette période, en ce temps là, cernée de « sombre » contenant un potentiel de vert, en effet comme un germe de possible bien caché au cœur et en haut des arbres, si visibles, imposants et nombreux.
Contrairement à la vue rafraichissante de la verte futaie d’un arbre qui reflète la lumière, celle d’une forêt absorbe les rayons bienfaiteurs semble-t-il pour son seul profit.
Rien d’étonnant dès lors qu’ils évoquent la peur, qu’ils brouillent le champ de vision au point d’y perdre son chemin et d’y tourner en rond.
Pourtant, ce n’est qu’après avoir perdu « le chemin le plus droit », que « je » se vois entouré « d’une sombre forêt » ; l’espoir contenu en germe semble permettre dans le même temps la conscience de la perte du droit chemin et celle de l’obscurité environnante.
Ah ! qu'elle est difficile à peindre avec des mots,
cette forêt sauvage, impénétrable et drue
dont le seul souvenir renouvelle ma peur !

En ce deuxième paragraphe, c’est de la difficulté d’exprimer, de mettre en forme, de synthétiser des pensées « brutes » impressionnantes qu’il est question.

Comme pour rester bien à ce centre, c’est maintenant le présent qui est d’usage ce qui rend plus étonnant, quoique presque inaudible dans son incongruité, l’emploi du terme « souvenir »
La couleur s’annonce en peinture de « maux », la forêt de sombre devient « sauvage » mais toujours au centre du paragraphe, au cœur pour ainsi dire ; mais aussi « impénétrable » car n’ayant pas de centre et « drue » pour en marquer l’action.
Action qui se révèle « souvenir », venu d’en dessous des arbres sans doute ; de quoi comprendre un renouveau de la peur (l’happeur).

À peine si la mort me semble plus amère.
Mais, pour traiter du bien qui m'y fut découvert,
il me faut raconter les choses que j'ai vues.

De la vision nous passons ici par un autre sens.
Goûter à l’expérience révélée dans les paragraphes précédents s’avère si difficile qu’elle nécessite un réel effort pour en apprécier les saveurs et être en mesure de dire ce qu’elle inspire comme vision nouvelle et positive.

Aller au cœur de ce troisième paragraphe « pour traiter du bien », sorti de la forêt, permet de comprendre que la difficulté de mourir (à soi même), n’a d’égal que ce que cet effort révèle.
Entendre « a peine si l’amor me semble plus amer » permet de comprendre en contrepoint l’attitude juste, les trésors enfermés par la mort, et le potentiel qu’elle révèle.

Ces trois paragraphes peuvent pour couronner le tout, se lire dans l’ordre du corps, de l’âme et de l’Esprit.
Comme tous les textes qui sont au plus près de la Vérité Universelle, toute interprétation semble aussi juste que possible, relativement au contexte dans lequel elle s’effectue.

TOI a dit…

L’enfer de Dante : Chant I.

Quand j'étais au milieu du cours de notre vie,
je me vis entouré d'une sombre forêt,
après avoir perdu le chemin le plus droit.


Voilà sans aucun doute, le fruit d'une longue méditation où Dante, par analogie, nous fait comprendre ses craintes. "Notre vie" signifie la prise de conscience de son être véritable, celle de l'âme immortelle qui le fit s'écarter du chemin tout droit que suivent les hommes non éveillés.

En s'écartant volontairement de la voie involutive, Dante nous fait comprendre sont ressentit par ce nouveau paysage inconnu de lui. Il est facile de le comprendre si l'on s'imagine être nous-même au sein de cette forêt dense sans aucun repaire. Cette multitude d'arbres cache la lumière du soleil, comme une multitude d'ouvrages cache la vérité.


Ah ! qu'elle est difficile à peindre avec des mots,
cette forêt sauvage, impénétrable et drue
dont le seul souvenir renouvelle ma peur !


Evidement, lorsque l'on débute sur le sentier de la Connaissance et que l'on commence à percevoir le travail infinie qui nous attends, la peur s'installe. Cette peur naturelle est provoquée par la foule de questions qui s'imposent et reste un terrible obstacle que beaucoup ne peuvent franchir. Ainsi nous démontre t'il la volonté qu'il faut pour sortir des chemins faciles ainsi que la persévérance à vouloir percer les secrets les mieux cachés.

À peine si la mort me semble plus amère.
Mais, pour traiter du bien qui m'y fut découvert,
il me faut raconter les choses que j'ai vues.


La mort est une image d'abandon et que beaucoup préfèrent. Car si la peur est un obstacle, la paresse finit toujours par décourager les plus téméraires de peu de vertus. Quant aux petits nombres qui osent prendre leur courage à deux mains, voici le fameux dicton qui approche et qui veut que "A chacun ce qu'il mérite" ! Et c'est ce que nous dit Dante par cette phrase : "...Mais, pour traiter du bien qui m'y fut découvert..."

Est il besoin de préciser que Dante était un homme de méditations intenses ? S'il y avait un doute à ce sujet, il n'y en a plus avec sa dernière phrase où il nous démontre que par les choses qu'il a vu, il a su ouvrir son troisième œil au Verbe de l'invisible.

humito a dit…

Osaka: "juste en pensée, en parole et en action (la célèbre loi de Maât)

Il me semble qu'il manque une petite précision dans la formulation de cette loi qui est celle-ci: juste en pensée, en parole et en action, mais pas trop.

Vous n'êtes certainement pas sans savoir qu'une Vertu isolée devient corrompue par le vice, leur épanouissement leur harmonie et leur permanence résultant nécessairement d'une pratique globale d'icelles. Ainsi, la Justice trouve son élément équilibrant dans la Tempérance/Miséricorde. (cf: la Chrysopée du Seigneur de R. Lulle).

D'ailleurs ceci me rappelle un passage du Sorcier de Meudon, d'Eliphas Levi, dans lequel il question déterminer combien il faut boire pour bien boire...
La réponse ne se fait pas attendre: il faut boire assez!

A votre santé!

TOI a dit…

J'aimerais tenter une autre approche, si cela m'est permis évidemment.

Quand j'étais au milieu du cours de notre vie,
je me vis entouré d'une sombre forêt,
après avoir perdu le chemin le plus droit.


Pas facile cette première image de la première phrase. "Quand j'étais au milieu du cours de notre vie...".

Si le Tout s'exprime par la trinité, (Providence, conscience, destin), il en est de même de tous les êtres. Ainsi donc "être au milieu" peut signifier un état de conscience. Celui où la vision devient plus éclairée. Cette vision semble être celle de notre ami qui, de par sa méditation, reçoit l'image de sa personnalité comme perdue dans ce nouvel état d'être.

Sortir de la voie la plus droite, celle que suit aveuglément la foule, est un acte rebelle. Qui, en suivant un sentier forestier à l'écart des foules, ne s'est pas sentit perdu au milieu de tous ces arbres, mais dont la splendeur et l'air pur incite à poursuivre cette magnifique randonnée pleine de surprises ? Passer sous un barbelé est bien cet acte rebelle que bien peu osent franchir. N'est ce pas lorsque l'on est au milieu d'une forêt sombre que nos pas cherchent le sentier qui peut mener à la lumière ?

Et lorsque Dante nous dit "... après avoir perdu le chemin le plus droit", il me semble que Dante nous fait comprendre que l'acte rebel imprime dans la conscience un état de non retour. Avoir découvert des splendeurs en s'écartant de la foule, ne donne plus envie de la suivre et je dirais même qu'au premier barbelé rencontré, l'acte rebelle se fera plus pressant que jamais.

Ah ! qu'elle est difficile à peindre avec des mots,
cette forêt sauvage, impénétrable et drue
dont le seul souvenir renouvelle ma peur !


Notre ami Dante nous explique par cette première phrase, la difficulté qu'il y a, à exprimer ce qui n'a pas de mots. Comment rendre, à ceux qui nous écoute, toute la magie d'un lieu extraordinaire dont notre ressentie ne pourra jamais être partagé avec la même intensité ? Une simple photo ne rendra jamais la magie d'un lieu féerique.

Cette forêt sauvage impénétrable et drue me semble belle et bien à l'image de la Connaissance qu'il faut acquérir. Impénétrable tant il faut une volonté forte pour débroussailler le sens parlant du sens analogique. Sauvage aussi cette Connaissance si difficile à domestiquer sans la persévérance d'un travail quotidien. Drue, dans le sens d'abondance puisque la Connaissance est un sujet sans fin. Quoi de plus effrayant que le gouffre de notre ignorance ?

À peine si la mort me semble plus amère.
Mais, pour traiter du bien qui m'y fut découvert,
il me faut raconter les choses que j'ai vues.


Vu d'une conscience plus élevée au sein de l'éternel moment présent, les hommes dans leur ignorance sont comme des morts qui déambulent de-ci de-là, se cognant sans cesse contre le destin qu'ils se fabriquent et dont leur verbe mort en est la cause. Cette vision d'une conscience élevée doit sembler en effet bien amère et c'est sans doute de cet éternel moment qu'il souhaite traiter du bien qui lui fut découvert et nous raconter les choses qu'il a vues.

Bien à tous.

OseKa a dit…

Vous n'êtes pas sans savoir humito que la sage côtoie le fou et que s'il n'y prend garde à tout instant le premier peut devenir le second...

L'état de mage nécessite une transformation profonde et durable et aucun adepte ne peut s'y soustraire.

L'agent universel peut tout aussi bien servir au bien comme au mal, au mage comme au sorcier... à l'évolution comme à l'involution...

Aussi il importe en premier lieu de s'affranchir de la pensée des autres pour devenir réellement "libre de pensée" dans la "nécessité d'agir" JUSTE.

A tout moment l'ange peut être déchu, et c'est bien là le véritable danger...

Fraternellement

gery a dit…

Que de richesses dans tous vos commentaires. Il est vrai que le génie de Dante ouvre tant de voies à explorer. Chacun de vous me fait mesurer les progres à accomplir tant les interprétations sont multiples et enrichissantes.

En cela le dernier commentaire de "TOI" trouve un retentissement particulier et tout spécialement ce passage :
"Impénétrable tant il faut une volonté forte pour débroussailler le sens parlant du sens analogique. Sauvage aussi cette Connaissance si difficile à domestiquer sans la persévérance d'un travail quotidien. Drue, dans le sens d'abondance puisque la Connaissance est un sujet sans fin. Quoi de plus effrayant que le gouffre de notre ignorance ?"

Merci à vous tous pour ce partage et à Lug bien sur.

humito a dit…

Cher Oseka,

Merci de votre généreux commentaire invitant à la Prudence.

La pensée n'appartient à personne en particulier. Effectivement le libre-arbitre nécessite de s'affranchir des pensées qui nous sont imposées. Néanmoins, la liberté acquise permettant de choisir volontairement et consciemment nos pensées, acceptant la responsabilité de la filiation qui en découle, n'est selon moi pas forcément incompatible avec les pensées reçues par nos prochains. En effet, lorsque ces dernières se révèlent à notre discernement comme étant justes en VertuS, je pense qu'il serait regrettable de ne pas vouloir les faire notres. Ce serait, à mon avis, se priver d'une nourriture capable, comme vous le dites si bien, de nous transformer en profondeur lorsque les épreuves révèleront leur résonnance et leur justesse de ton sur la corde de notre ame-de-vie; ce qui priverait par là-meme ceux qui les sèment d'une multiplication de leurs bons fruits...

eton a dit…

comme tout s'est dit à travers vous , dans l'écho s'en réfléchir ma note , l'essentiel participer tient en ceci :

là le sont s'y porter d'auteur et de largeur vibratoire narrative en portée d'une note d'esprit dans son perçu pouvoir devenir "notre" dans un potentiel en restituer l'aligné et la lignée d'une inspiration se faire reconnaître par ce " proportionnellement parlant " prenant en compte ce que leçon et état d'avancement est en soi porté et retransmis selon un cours qui propre à chacun est pourtant commun dans sa trame comme signant en filigrane de degré de reconnaissance ce qu'en équivalence de lois universelles ou présence absolue peut s'y accorder dans l'infini de ses gammes nous saisir et nous empreindre tel que participant discerné et unique d'une capacité retrouver l'idée même d'une unité radieuse y présidant.

" Quand j'étais au milieu du cours de notre vie" :

en évoquant cette incarnation "spatio-temporelle" du "je" voyageant dans ce "quand et où" et dont la notion même de reconnaîssance ne peut s'appréhender que selon deux états différenciés , offre prendre distance au "milieu" d'un "cours" dans cette forme passée "de ce qu'il n'est plus" indiquant d'un changement d'état l'idée même d'une transformation surtout indiquant en ce qu'il n'est plus , cette qualité "notre" élevant là l'être autant en nombre qu'en noblesse appréhender comme vaste domaine de "vie" cet état supérieur conciliant comme "notre" ce qui entre le haut et le bas s'assemble en double exercice du "vivant" et dont le résumé conscient pourrait être ..."notre vie qui êtes sur terre comme aux cieux" en produire ses gammes...

en ouvrant cet agrément d'une complémentarité absolue dans sa notion de deux en un , au discernement complice rétablir et partager des règles d'involution et d'évolution telles qu'en un même cours d'ensemble se retrouve "un plus grand" induisant recadrer ce qu'entre corps et esprit dans leurs notions même s'assembler en "âme vivante" s'oblige également à l'épreuve de désassemblage et d'équillibrage dans une gamme qui entre temporel et intemporel en illimite de ce "milieu" de l'un ce qu'en puissance d'être de l'autre , le sont ensemble en réciprocité concomittante comme en capacité s'y inverser de l'ambiant et du central une double perception d'un même milieu , nous pouvons envisager qu'à l'hyper-conscience de ce double milieu , au premier discernement permette à l'intemporel dans sa qualité de milieu-ambiant avoir pour milieu-central le temporel , s'oblige à l'équillibre d'un deuxième permettre au temporel dans sa qualité de milieu-ambiant avoir pour milieu-central l'intemporel , et qu'à cette hyper-conscience des deux pouvoir ne faire qu'un dans le déploiement de sa re-connaissance éprouvée , nous pouvons en concevoir par équivalence cette capacité mutative de l'âme de vie obéïr à un principe supérieur d'immergence et d'émergence dont le lien de l'un à l'autre est dans son infinité de degrés pouvant s'évoquer comme formant une ligne droite en pure définition d'esprit éclairant sa continuité en ce que du plus au moins subtil pouvoir déterminer degrés de conscience , le serait entre hyper-conscience et inconscience comme un aller-retour , aussi certain qu'une ligne droite reste a double sens...

un double foyer de lumière donc .


"Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ; afin que les miracles d’une seule chose."

Domino a dit…

"Et-vous-serez tels-que Lui-les-Dieux, connaissant-le-Bien-et-le-Mal" (la véritable histoire d'Adam et Eve enfin dévoilée)

Voilà à quoi me fait penser cette avant dernière phrase: "Mais, pour traiter du bien qui m'y fut découvert"

domino a dit…

Quand j'étais au milieu du cours de notre vie,
je me vis entouré d'une sombre forêt,
après avoir perdu le chemin le plus droit.

Le milieu du cours de NOTRE vie parce que toutes les vies passent par l'involution pour évoluer ensuite.
Si le milieu du cours est le nadir, le "sommet" de l'involution, alors rien de surprenant de se retrouver au milieu d'une sombre forêt qui ne laisse pas passer la lumière.
le chemin le plus droit, celui des vertus est quitté au profit des vices. Peut-être peut-on voir une allusion à nahash dans ce chemin qui à présent serpente ? (mais j'extrapole peut-être ;-) )

Ah ! qu'elle est difficile à peindre avec des mots,
cette forêt sauvage, impénétrable et drue
dont le seul souvenir renouvelle ma peur !

Cette forêt est donc sauvage elle suscite la peur (ce qui marque l'opposition à l'Amour du Divin Créateur).
Si elle est si difficile à peindre avec des mots peut-être est-ce parce qu'elle est le refuge de toutes les émotions "animales" (sauvages)en opposition à la raison.

À peine si la mort me semble plus amère.
Mais, pour traiter du bien qui m'y fut découvert,
il me faut raconter les choses que j'ai vues.

À peine si la mort me semble plus amère... Cette phrase me ramène à un autre texte abordé dans l'académie :
Le Grand OEuvre ! Le Grand OEuvre ! Vocable prestigieux ! Fulgurante splendeur ! D’aucuns, dans les âges écoulés, auraient donc contemplé cette merveille, l’auraient possédée intégralement, et toi, tu la laisserais, inexpliquée, dans les livres !
Et dans l’au-delà, doué alors de la plénitude de ta lucidité perceptive, tu verrais la phalange triomphale des Sapients, inondés d’une joie radieuse, éperdus de bonheur et d’allégresse, se délecter de la Pierre des Philosophes, s’en nourrir pour l’éternité et tu n’aurais aucune part à ce festin !
(Le Grand Oeuvre, Grillot de Givry)

La mort est amère lorsque le Grand Oeuvre reste inexpliqué à son approche; le Nadir de l'évolution l'est à peine moins.


Je voulais participer à mon tour, désolé Lug de vous avoir dérangé deux fois.

Bien à tous