jeudi 14 septembre 2017

Les dialogues de l'élève et du maître.




L'élève : Maître, comment puis-je savoir ce que la Hiérarchie du groupe attend comme service que je me dois d'accomplir ?






D'abord, il te faut comprendre que le service de groupe propre à la Hiérarchie est l'un des plus élevés qui soient. Ce n'est pas toi qui décides de servir la Hiérarchie, mais c'est la Hiérarchie qui constate que le développement de ton champ de Conscience te rend apte et digne à recevoir ses Enseignements et à devenir un serviteur compétent et discret auquel elle pourra faire confiance et confier de hautes responsabilités, tout en sachant que tu te feras volontairement un devoir de les respecter. 

Ceci suppose que tu aies préalablement effectué longuement l'ascèse de mise à l'épreuve de tes Facultés, connaissances et convictions, afin d'en posséder la maîtrise. Pendant cette ascèse préalable, tu auras développé le service au profit de l'utilité commune en ayant accédé progressivement au parfait contrôle de tes sens et de tes émotions. À partir de la pratique réussie de ces austérités, tu seras en mesure non plus d'assurer uniquement ton service au profit de l'utilité commune, mais aussi au profit du groupe que dirige la Hiérarchie à partir d'un autre plan d'un autre Monde. 

Si tu as la volonté de progresser vers ces niveaux d'évolution, à la condition que tu sois subtilement attentif aux évènements, circonstances, rencontres, et opportunités positives comme négatives, qui jalonneront ta présente incarnation, tu découvriras, selon chaque configuration du jour, sur chacun des plans où tu es capable d'intervenir dans ce Monde physique dense, l'occasion plus ou moins grande de mettre en pratique tes connaissances acquises pour rendre, avec la plus grande discrétion et bienveillance, ce service désintéressé et utile aux bénéficiaires qui se trouveront sur ta route, et ce, pour permettre à la Hiérarchie d'exercer son Magistère en utilisant, selon le dessein qui est le sien, tes modestes compétences pour librement collaborer avec le Groupe de ses membres. 

Les souhaits de la Hiérarchie ne sont lisibles que dans le très subtil, pas dans l’épais ou le demi-subtil, et à la condition que tu saches tirer tous les enseignements que contiennent tes succès comme tes échecs au fur et à mesure de ta continuelle progression (formation/initiation) dans l'environnement de ton incarnation. C'est par cette volontaire et endurante pratique constante de la pensée juste en vertus, que tu te rends le plus spirituellement disponible pour être utile à la Hiérarchie, mais pour cela tu devras avoir activé cette Faculté supérieure (troisième oeil) te permettant de voir la main invisible qu'elle te tend et que tu restes libre de saisir ou pas, ainsi que les avis et conseils de ton parleur silencieux. Ce que tu dois accomplir te sera alors autant indiqué par tes guides occultes que par ton sens des responsabilités, celui de tes devoirs en rapport avec tes Connaissances, et de tes convictions propres constituant tes valeurs morales. À l'aune de la mise en pratique de ces Principes, tout te deviendra si parfaitement clair et évident que tu n'auras plus besoin de te poser la question à laquelle je te réponds maintenant.

jeudi 10 août 2017

Liberté - Egalité - Fraternité


 

Il n’y a pas de liberté sans justice. 

Il n’y a pas de liberté sans lois permettant sa juste pratique, et en l’absence de ces lois règne toujours la loi du plus fort qui est  inévitablement utilisée pour asservir les plus faibles.

Supprimer des lois, du Code du travail, qui protègent les plus faibles (salariés) pour redonner davantage de pouvoirs aux plus forts (patronat), n’est ni un progrès ni une libération pour le plus grand nombre, mais un net retour à la loi du plus fort et à l’asservissement des faibles, ce qui voudra dire : moins de liberté, parce que moins de justice.


mercredi 12 juillet 2017

La gabgie d'un Etat corrompu...



M. Le Président Macron, il n'est pas utile d'augmenter la CSG, vous avez

 418 milliards d'euros 

qui sont dus par des groupes financiers totalement solvables.

mardi 11 juillet 2017

Le vaccin hépatite B, fait partie des 11 nouveaux qui seront obligatoires.


Vaccin hépatite B: La Cour européenne reconnaît le lien avec la sclérose en plaques.

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vendredi 7 juillet 2017

Enquête sur les dangers de la vaccination.



Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789.

Droits déclarés Naturels, Sacrés, Inaliénables et Imprescriptibles.

 Article 4 - La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.

Article 7 - Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires doivent être punis 

vendredi 30 juin 2017

Le Vizir est devenu Calife à la place du Calife mou Haroun Al Hollandouille

Il ne suffit pas d'avoir de l'ambition, encore faut-il avoir les compétences qu'elle requiert sinon, ce ne sera que l'expression de la plus vulgaire et médiocre des vanités.

mardi 6 juin 2017

Dialogue N° 16 : Les difficultés du service désintéressé. N°4 ( MàJ du 19/06/2017)




 Maître, quelle est la principale erreur à ne pas commettre lorsque l’on s’engage dans le service désintéressé au profit de l’utilité commune ?



Cette erreur est celle que font invariablement les débutants, par vanité, et qui consiste à croire que le faible niveau de leurs nouvelles connaissances les rend aptes à passer directement à l’action en enseignant leurs semblables, sans aucun discernement ni distinction du niveau de leur éveil et de leurs aptitudes à recevoir et assimiler une «nourriture» trop riche, et trop brutalement abondante. 

Il ne suffit pas d'avoir reçu une Connaissance, encore faut-il l’assimiler correctement et avoir le discernement subtil pour l'utiliser au bon moment. Il convient qu’un serviteur désintéressé veille prudemment à ce que toutes les conditions soient réunies pour qu'elles ne viennent ni trop tôt ni trop tard, ni trop en abondance ni pas assez. 

Il ne s'agit pas de servir selon l'idée, plus ou moins égotique que chacun s'en fait, mais en discernant avec précision et un sens élevé de la responsabilité ce qui correspond véritablement à l'utilité commune, celle qui pourra profiter à tous sans distinction, et en veillant à ne pas, en même temps, nourrir les travers de notre ego, ni les vices de ceux que l'on ambitionne d'aider. 

Donc, l'une des principales erreurs est celle de l'ignorance. L'ignorance des différentes conditions de la juste pratique de ce service. L'ignorance des différents niveaux de répercussion que peut avoir cette pratique, tant en ce qui concerne l'officiant qu’en ce qui concerne le ou les bénéficiaires et qui condamne l'officiant à agir en aveugle. L'ignorance des lois karmiques, dont une qui dispose que l'on ne peut pas aider ceux n'ayant pas encore pris Conscience de la part de responsabilité qu'ils ont dans l'état de dépendance et d’asservissement dans lequel ils se trouvent, résultant inévitablement d'une succession de choix, de comportements et de décisions librement adoptés antérieurement. Non seulement il n'est pas possible de faire boire un âne qui n'a pas soif, mais il n'est pas plus possible de faire le bonheur de quelqu'un si ce dernier ne le désire pas. L'ignorance du respect du libre arbitre d'autrui est manifestement la cause d'une corruption rapide de la pratique du service désintéressé. 

Une autre erreur de même importance que celle qui précède est l'impatience de l'officiant. Cette impatience lui fera négliger l'incontournable temps nécessaire à une bonne assimilation des richesses qu'il entend partager, ainsi que la patience que doivent avoir le serviteur et l'enseignant. Ceci nous renvoie à ce que j'évoquais lors d'une de mes réponses précédentes, et concernant l'aspect multidimensionnel que comporte le véritable service désintéressé aligné sur les règles du Dharma, et le fait que plus ce service sera conforme à ces règles, plus il sera difficile d'en espérer percevoir le complet épanouissement sur la durée d'une seule incarnation. 

Il faut donc à l'officiant, en plus de solides Connaissances, une abnégation reposant sur le détachement, l'humilité, le dévouement et le sens le plus élevé du sacrifice dont l'expression la plus noble passe par l'oubli de soi. Sans cette abnégation, un officiant épuiserait rapidement sa bonne volonté en perdant de vue l'extraordinaire ascèse spirituelle qu'implique la pratique correcte de ce service. Et cette perte de vue est celle de son troisième oeil (Ajna) pas encore suffisamment développé. 

Dans le Mahâbhârata, comme dans le Ramâyâna, les brahmanes les plus puissants, ceux qui reçoivent leurs pouvoirs suprahumains des dieux, sont toujours ceux qui se sont préalablement longuement adonnés aux austérités, c'est-à-dire aux sacrifices (maîtrise de ses facultés sensorielles, intellectuelles et spirituelles) que requiert le service désintéressé en conformité avec le Dharma.


Maître, en considérant tout ce que tu m'expliques, concernant la pratique du service désintéressé, comment est-il possible à un aspirant, ou même à un initié de niveau moyen, d'y parvenir tant la tâche est complexe et les pièges innombrables.


Je vais t'en donner la clé, puisque tu commences à entrevoir subtilement l'étendue du problème. 

L'individu qui s'efforce, par un travail constant et sincère, à se former à la pratique du service désintéressé, au fur et à mesure qu'il réalise des progrès sur lui-même, par l'élargissement de son champ de Connaissances, reçoit progressivement l'aide de ses guides supérieurs, s'il a eu la prudence de la leur réclamer, avant de se mettre à l'ouvrage, par une courte invocation qui ne soit pas une formulation mécanique et vide de sens, comme c'est l'usage dans les rituels effectués de façon routinière par des officiants qui en profitent pour penser à autre chose. Cette règle de bonne pratique tu la retrouves dans les conditions que doit respecter un bon alchimiste par la formule latine Ora et Labora (prie et travaille) dont l'origine provient de l'ordre des Bénédictins au sein duquel nous retrouvons de nombreux moines qui figurent au Panthéon de ce noble Art. Cette aide se traduira par une mise en situation qui t'offrira différentes occasions te permettant de mettre en pratique (mise à l'épreuve), au début modestement, l'acquis de tes Connaissances. Ces situations seront d'abord en rapport avec le plan physique dense et les corps sensoriels et le contrôle de ses envies ; puis progressivement avec les corps intellectuels et la maîtrise des passions, désirs et émotions ; enfin, avec les corps spirituels et l'aide qu'il est possible d'apporter à autrui pour permettre aux Consciences en quête d'une assistance bienveillante de se libérer de leurs asservissements, ainsi que de pouvoir apporter un véritable remède à des Consciences en état d'affection pathologique. Le serviteur devient alors aussi thérapeute spirituel. 

Soit tu saisiras volontairement l'occasion que ton discernement subtil détectera, selon tes capacités à intervenir sur l'un de ces plans, pour passer de la théorie à la mise à l'épreuve, soit tu n'en feras rien et tu feras la démonstration de ton incapacité à pouvoir aller plus loin par manque de conviction, de rigueur et de volonté. Alors, rapidement l'aide de tes guides diminuera jusqu'à disparaître. Par contre, chaque fois que tu saisiras l'occasion de mettre à l'épreuve tes Connaissances, avec un discernement et une rigueur attentive, même si la réussite que tu espères n'est pas, à ses débuts, toujours au rendez-vous, il te faudra surtout en profiter pour tirer tous les enseignements de ton action, que ce soit dans la réussite, mais surtout dans l'échec ne serait-ce que pour être en mesure de réparer les nuisances éventuellement occasionnées. Lorsque tu auras perçu et assimilé ces riches enseignements occultes cachés dans la pratique, alors tu seras à nouveau soumis à des opportunités en rapport avec une difficulté sans cesse croissante, et tu pourras bénéficier de la possibilité d'une assistance à la hauteur de la tâche à accomplir. 

Nous en revenons à ce que j'avais précédemment évoqué, à savoir que l'expérience et la maîtrise reposent sur une pratique volontaire et constante dans le but de parvenir à ce que Confucius appelait : la rectitude du geste. Cette rectitude du geste ne se préoccupe pas prioritairement du but à atteindre lors de la pratique du service désintéressé au profit de l'utilité commune, même si ce but n'est pas occulté, mais concerne la rigoureuse discipline que la Conscience doit respecter pour aligner et stabiliser ses pensées justes en vertus dans leurs formes d'expression et dans l'action. Lorsque le déroulement de cette pratique devient conforme au Dharma, il constitue le rituel de l'ordre cérémoniel.










jeudi 11 mai 2017

Dialogue N° 16 : Les difficultés du service désintéressé. N°3 (MàJ du 28/05/2017)




Maitre, mais alors comment peut-on espérer pouvoir pratiquer ce service désintéressé sans risquer de commettre involontairement des calamités ?





Indépendamment de ce que je viens de t'expliquer dans ma précédente réponse,  il faut nécessairement faire preuve de cette vertu cardinale qu'est la Prudence. Il ne s'agit pas, comme nos dirigeants politiques ou d'habiles exploiteurs l'inculquent aux ignorants de la masse moutonnière, de se laisser gouverner par ses émotions, sentiments ni même sa raison, sans avoir la certitude que ce service désintéressé finira bien par parvenir aux bénéficiaires, plutôt qu'aux intermédiaires cupides et roublards. Il ne s'agit pas de rendre des services qui pourraient avoir pour conséquence d'entretenir l'ignorance, la paresse, la duplicité, la ruse, l'ingratitude, le mensonge, la perversité ou les autres vices du bénéficiaire. Il ne s'agit pas d'avantage de permettre à des astucieux, plaisantins ou sinistres individus à la moralité douteuse d'obtenir, par cupidité, ce qui ne correspond pas à leurs compétences et à leurs mérites. 

Ici, intervient une autre vertu cardinale qu'est la Justice, qui ne peut se pratiquer sans la Connaissance. Tu peux y ajouter le discernement, la pondération, le sens de la mesure, la conformité du service avec les règles qui découlent de la pratique des vertus, auxquelles, pour faire bonne mesure, il convient de tenir compte des conditions karmiques du bénéficiaire, des conditions environnementales, de ses traditions culturelles et sociales, ainsi que des éventuelles répercussions multidimensionnelles pour l'officiant. Tu peux fort bien nourrir un affamé avec un petit salé aux lentilles, mais tu produiras une impardonnable et préjudiciable monstruosité si le bénéficiaire est de confession juive ou musulmane. Pour le coup, non seulement tu ne rendras pas service, mais tu porteras un grave préjudice à ton propre Karma. N'oublie pas que, dans ce genre de pratique, l'ignorance n'est pas une circonstance atténuante, mais rigoureusement le contraire. 

Un vieux proverbe chinois dit fort justement : si tu donnes un poisson à un affamé, tu le nourriras un jour, mais si tu lui apprends à pécher, tu le nourriras tous les jours. Dans ce proverbe il y a le don physique, et le don intellectuel. Le deuxième démontre sa supériorité sur le premier, ainsi que sa considérable plus grande valeur. Si tu poursuis la logique de ce processus, tu pourras constater que si le don intellectuel est considérablement plus important en valeur que le don matériel, le don spirituel est lui d'une richesse sans commune mesure avec le don intellectuel, car il a en plus une ampleur intemporelle et multidimensionnelle. Ainsi, nous pourrions poursuivre dans la logique de cet adage, qu'après avoir appris à pécher à celui qui avait faim, le véritable serviteur désintéressé lui a aussi enseigné la vertu de transmettre bénévolement, à d'autres affamés, le moyen de s'affranchir de leur condition, et ce, sans chercher à en tirer plus de profit que celui qui lui a transmis gratuitement cette connaissance. L'acquisition de cette connaissance lui ayant permis de se libérer lui-même de cette situation récurrente de famine. 

Rappelons au passage que la vertu de la transmission désintéressée de cette connaissance est la seule façon qu'il aura de s'acquitter de la dette que le bénéficiaire a contractée en recevant gracieusement cet enseignement libérateur d'un discret serviteur désintéressé.


Maitre, je commence à entrevoir l'immense étendue du problème à résoudre, mais doit-on attendre d'être un disciple accompli pour espérer pouvoir pratiquer le service désintéressé au profit de l'utilité commune ?


La pratique du service désintéressé au profit d'autrui peut parfaitement s'effectuer sans pour autant être un disciple accompli, mais j'espère que tu as bien compris qu'il te faudra préalablement épurer ta Conscience des travers qui pourraient inévitablement transformer ta noble intention du départ en perversion calamiteuse à l'arrivée. 

Il te faudra bien réfléchir à ce qui va suivre, car le chemin de cette pratique est aussi étroit que le fil du rasoir : la quête spirituelle qui a pour but la recherche de pouvoirs, de considérations, de richesses, du bonheur, du paradis ou du Nirvana, n’est que l’expression d’un vice égoïste grossièrement travesti en apparente vertu. Croire que cela peut faire illusion auprès des Entités supérieures, c'est faire preuve d'étroitesse de vue et d'une profonde ignorance. 

C’est en cherchant à devenir chaque jour le plus performant et le plus compétent qu’il nous soit donné d’être, dans la pratique d'une pensée juste en vertus, et ce, dans l’unique dessein d’aider - avec discrétion et altruisme -, et de faire progresser son prochain sur la voie de son évolution et de sa propre libération, que s’accomplit le véritable service désintéressé au profit de l’utilité commune. La pratique constante, rigoureuse, attentive et exigeante de ce service est ce qui caractérise la sincérité de la Conscience dans son dévouement au Dharma. Ce n'est que cette pratique qui détermine le niveau d’initiation le plus élevé que puisse atteindre une Conscience incarnée dans la forme humaine. 

C'est aussi par ce niveau élevé que la Conscience devient un utile serviteur pouvant collaborer avec la Hiérarchie. Un axiome de François Rabelais synthétise admirablement ce que ne doit pas être le service désintéressé : Science sans Conscience n'est que ruine de l'âme. Si la science a tout à voir avec la Raison, la Conscience, elle, a tout à faire avec la Foi, notamment dans la Foi de la réalité de l'existence de cette âme qu'elle doit servir. Ce n'est que lorsque la Foi est associée à la Raison que la Science spirituelle peut s'exercer en tant que Sapience. Alors, pour en revenir à ta question, crois-tu sérieusement que le pratiquant débutant, quel que soit l'art qu'il choisit de pratiquer, deviendra un maître sans un long et laborieux travail d'apprentissage ? 

Cet officiant aura nécessairement à effectuer des exercices dont un grand nombre seront notoirement imparfaits tant qu'il n'aura pas éliminé la moindre maladresse et inattention. Donc, si tu veux un jour parvenir à une certaine maîtrise de la pratique du service désintéressé au profit de l'utilité commune, tu ne dois plus perdre le moindre instant pour exercer ce yoga qu'est la pratique exigeante de la pensée juste en vertus. Cette pratique commence par de petites choses dont les conséquences fâcheuses seront dérisoires en cas de mauvaise application. 

Prioritairement par la maîtrise d'un certain nombre de pensées justes en vertus, ensuite tu pourras poursuivre progressivement par l'expression de paroles justes et leur prudente mise en pratique concrète par des actions de mêmes natures. La plus importante erreur génératrice des pires calamités que font les débutants, est celle qui consiste à passer directement à la pratique de l'action avant que d'avoir constitué une solide base de pensées justes en vertus sur laquelle reposera tout l'édifice du service désintéressé, suivi de la maîtrise du verbe exprimant le plus parfaitement qu’il soit possible, ces pensées justes en vertus. 

Il est des Arts majeurs qui ne supportent ni l'à peu près, ni le dilettantisme, ni l'amateurisme ni la frivolité, et le service désintéressé fait partie des plus nobles de ces Arts puisqu'il mène au plus majestueux de tous celui de : l'Alchimie spirituelle.







mercredi 19 avril 2017

Dialogue N° 16 : Les difficultés du service désintéressé. N°2 (MAJ du 26/04/2017)




Maître, ne peut-on tirer une satisfaction discrète d'un service désintéressé que l'on pourrait parvenir à rendre à autrui ?



Si le service est véritablement désintéressé, pourquoi cherches-tu à en tirer quoi que ce soit ? D'autant que rien ne dit que le service que tu t'efforceras de rendre, selon ton niveau de compétence, produira véritablement les effets profitables que tu penses pouvoir espérer produire chez le bénéficiaire. De plus, rien ne permet de dire que tu puisses avoir les capacités et aptitudes multidimensionnelles pour véritablement en apprécier la portée, la pertinence et la juste réalité tant cela pourrait dépasser de loin tes dispositions et capacités actuelles. 

Le service désintéressé est d'abord une pratique qui relève d'une ascèse extrêmement rigoureuse, et concerne autant, sinon plus, le pratiquant que le bénéficiaire de ce service. Lorsque l'on prend Conscience de la difficulté de l'épreuve, la modestie commande de rester d'une grande humilité, ceci exclut toute préoccupation de "satisfaction", qui ne serait en fin de compte que de la nourriture pour ton ego. Le service désintéressé est un yoga (discipline) dont la pratique se suffit à elle même. Cette pratique ascétique a autant à voir avec l'officiant qu'avec le bénéficiaire. Mais si l'officiant doit avoir pour unique préoccupation le bénéficiaire, il ne doit pas pour autant oublier que la rectitude, la précision, le discernement, la pondération, la recherche du juste équilibre, la discrétion, l'abnégation et la générosité, dont il devra faire preuve dans sa pratique, seront les déterminants conditionnant la maîtrise de ses sens, émotions et vertus. Tant que cette pratique ne sera pas strictement conforme à l'ensemble de ces déterminants, l'officiant ne parviendra pas à franchir l'étape permettant l'élargissement de son champ de Conscience sur sa nature dévique. 

Si tu prends véritablement en compte ce que je viens d'expliquer, il te sera facile de comprendre la totale vacuité qu'il pourrait y avoir à se préoccuper de recevoir la moindre satisfaction venant du service rendu, alors que la plus grande richesse vient essentiellement de la possibilité et de la façon de le rendre conformément au Dharma. 

Si je peux te donner une opinion personnelle, tant que tu seras préoccupé d'obtenir une satisfaction en retour du service désintéressé que tu pourrais rendre, tu ne chercheras qu'à satisfaire ton ego, qui est toujours prêt à se travestir en serviteur d'apparence désintéressé, si cela doit lui rapporter gloriole, considération,  autosatisfaction, vaine importance et autres contentements susceptibles d'hypertrophier sa suffisance et sa vanité qu'il dissimule habilement sous l'apparence d'une fausse modestie.

Maître, je ne comprends pas ce que tu veux dire par là. Comment serais-je en mesure de rendre un service désintéressé à autrui, si je n'en connais pas les éventuelles conséquences bénéfiques ou maléfiques ?




Tu commences à saisir toute la complexité et la sophistication qu'il y a à exercer cette pratique. Un adage populaire dit : l'enfer est pavé de bonnes intentions. Ceci devrait te faire réfléchir sur l'égarement vaniteux qu'il pourrait y avoir à servir avec une réelle intention de désintéressement, et, in fine, de constater que soit ton service ne produit pas les effets escomptés, soit il produit des effets contraires à ceux escomptés, ce qui est le plus souvent le cas. 

Ceci suppose donc que l'intention ne suffit pas, il faut aussi et surtout les compétences avec pour préoccupation constante cette règle d'or en tête du serment d'Hypocrate : Primum non nocere (d'abord ne pas nuire). C'est la première condition à remplir, et elle est plus difficile à respecter qu'il n'y paraît de prime abord. Si tu donnes trop vite trop de nourriture à une personne affamée, même si ton intention est apparemment bonne, le résultat pourrait s'avérer aussi catastrophique que si tu le laisses mourir de faim. Si tu communiques des enseignements qui sont d'une sophistication supérieure à la capacité d'assimilation du bénéficiaire, tu consacreras ton temps et ton énergie vitale à arroser le désert. Donc, pour avoir l'ambition de servir, il faut avoir la pondération de le faire en fonction de ses compétences à le faire. Ces compétences reposent sur un certain niveau de Connaissances, une Faculté de discernement subtile pleinement opérationnelle pour être capable de s'adapter aux capacités et aux besoins du bénéficiaire, et de solides règles morales entièrement structurées par les vertus les plus intemporelles. L'ignorant qui voudrait se lancer dans le service désintéressé au profit de l'utilité commune serait aussi dangereux qu'un enfant en bas âge que l'on laisserait jouer avec des allumettes à côté de barils de poudre. 

En réalité la réponse est entièrement contenue dans la question que tu me poses. Abstiens-toi de pratiquer le service désintéressé au profit de l'utilité commune, tant que tu ne penses pas être en mesure de maîtriser toutes les conséquences bénéfiques et maléfiques de ce que tu entends mettre en pratique. Garde-toi surtout de cette vanité qui accable tant de débutants qui cherchent, pour se faire valoir, à faire de grandes choses avant d'avoir parfaitement maîtrisé les plus petites. Comme le dit l'adage : qui peut le plus peut le moins, mais l'inverse n'est ni juste ni vrai. 

Prenons l'exemple simpliste d'un mendiant venant te solliciter pour obtenir quelques générosités de ta part, dans le dessein de pouvoir subvenir à ses nécessités alimentaires. Tu peux, en accédant à sa requête te donner faussement bonne Conscience en ayant l'impression de t'être montré généreux, ce qui viendrait flatter ton ego, mais sans pour autant avoir remédié sérieusement aux problèmes que subit le bénéficiaire de ton "don". Tout au plus, tu lui auras permis de s'installer un peu plus durablement dans une situation de laquelle il ne pourra pas sortir d'un iota. Il est alors possible de dire que le service que tu crois avoir rendu n'est qu'un leurre tant pour toi que pour le quémandeur. Un autre exemple encore plus subtil. Lorsqu'une personne se retrouve dans une situation périlleuse, suite à une série de décisions et de choix qu'elle a préalablement et volontairement effectués, et qui viendrait à solliciter ton aide afin de lui éviter les conséquences de ses actes et de ses décisions, le faire avec efficacité, mais sans aucun discernement concernant la réalité de son repentir sincère, aura inévitablement pour conséquence de donner l'impression, à cette personne, qu'il est toujours possible de recommencer, car il y aura la solution de faire payer la facture de ses égarements par une autre personne ou à la collectivité. Dans une telle occurrence, le service rendu, bien qu'efficace et totalement désintéressé, est venu nourrir un terrible vice, celui de l'ingratitude. Ce vice pèsera lourdement sur le patrimoine karmique du bénéficiaire puisqu'il recommencera en pire ; il pèsera presque tout autant sur le patrimoine karmique de l'inconséquent serviteur qui en devient complice et coupable. 

Le meilleur moyen de ne pas se tromper, surtout pour un débutant dans la pratique du service désintéressé, est celui qui consiste, en toute circonstance et avec la plus grande rectitude, à mettre personnellement en application ses propres convictions, connaissances et valeurs morales, et ainsi à offrir l'exemple de cet exercice à ceux qui voudraient volontairement le suivre pour se sortir de leurs asservissements.