mercredi 11 janvier 2017

Dialogue N° 15 : La bonne Foi et la Raison, les religions. 5 (MAJ du 17/01/2017)





Maître, puisqu'il n'y a pas de Religion qui soit parfaite, ne faut-il pas systématiquement les rejeter ?



Ce serait là faire preuve d'un manque subtil de discernement, et d'un manichéisme primitif et régressif de même nature que celui qui accable nombre de Religions. Ce n'est pas parce qu'une Religion comporte des aspects négatifs - bien souvent apportés non par leurs Pairs fondateurs, mais par ceux qui leur ont succédé en s'arrogeant des pouvoirs, qu'ils n'avaient pas, d'interpréter partialement les enseignements d'origine, et surtout en faisant preuve d'une ignorance qui ne leur permettait plus de décrypter toute la subtilité hermétique que contiennent les enseignements originaux, issus de la Sagesse immémoriale,  et qui ont fini par en profaner la pureté, le sens Cachant, la simplicité et ce qui en faisait l'universalité -, que cette Religion ne comporte pas de précieux aspects positifs. 

Rien n'est jamais totalement bon ou totalement mauvais dans l'actuelle humanité. Le sage doit savoir séparer, dans chaque enseignement philosophique, religieux ou spirituel, le bon grain de l'ivraie, le subtil de l'épais, le volatil du fixe, l'inspiration originelle des grossières interpolations de scribes stupides ou malveillants. C'est là le travail de tout bon alchimiste : savoir retrouver les rares et précieux purs composants qui sont enfouis dans la masse des scories des matériaux vils ; leur redonner leur éclat originel par un long travail de patiente épuration. Enfin, réunir tous ces éléments positifs correctement épurés pour en retrouver la rayonnante beauté lors d'une synthèse, par la fusion d'une cuisson (assimilation) prudente et mesurée pour en extraire la fameuse Pierre philosophale : l'or des sages. 

Pour y parvenir, l'officiant devra obligatoirement surmonter - malgré les difficultés, entraves et autres chausses-trappes -, tous les obstacles extérieurs et intérieurs, ce qu'il parviendra à faire à la condition qu'il active une Foi spirituelle de charbonnier en parfaite osmose avec la Raison, une endurance sans faille et un considérable élargissement de son champ de Connaissances. 

Si tu dois considérer les Religions d'une façon prudente et pertinente, ce sera en les comparant à un cursus scolaire et universitaire. Le titulaire d'un doctorat ne regardera pas l'enseignement primaire avec mépris et suffisance, mais comme un passage nécessaire pour parvenir à l'enseignement le plus élevé, même si ce dernier n'a plus grand-chose à voir avec celui du primaire. Cet universitaire sait aussi qu'il ne serait jamais parvenu aux niveaux d'éducation et de savoir qui sont les siens sans être passé par l'apprentissage scolaire élémentaire. Beaucoup de personnes n'ayant pas encore atteint le niveau d'évolution et d'éveil de leur Conscience leur permettant d'éprouver leur liberté - car la véritable liberté commence toujours par un acte de rébellion, vis-à-vis d'un conditionnement culturel structurant la normalité ambiante de son environnement, ce qui demande courage et volonté -, ont besoin d'être guidées le temps qu'elles puissent développer leurs propres Facultés supérieures grâce auxquelles elles finiront par mettre à l'épreuve la doctrine religieuse à laquelle elle s'identifie, pour en révéler les failles, erreurs et mensonges. 

Comme je te l'indiquais dans ma précédente réponse, lorsque l'Empire romain s'est effondré, que le chaos s'est progressivement installé au sein de cette immense organisation économique, politique, militaire, sociale, religieuse et juridique ; le tout aggravé par la multiplication des conflits internes, les fléaux des grandes épidémies, les invasions externes et les calamités climatiques, l'Occident est parvenu à sortir de ce maelström en utilisant la «Religion» catholique - différente du christianisme originel par sa volonté de conquérir à son profit le pouvoir gouvernant les populations de l'Empire -. Le catholicisme n'est donc que l'habillage d'une religion par une doctrine politique utilisée comme un agent fédérateur entre des peuples, des cultures et des traditions fort disparates. C'est par ce dénominateur politique et cultuel commun que l'Occident est parvenu à reconstituer un semblant de cohésion sociale en imposant ses règles de conduite et de morale (nouvelle normalité ambiante) du plus humble des serfs au plus puissant seigneur féodal, ainsi qu'aux  souverains des nouveaux royaumes qui se sont constitués au sein de cet Empire en décomposition. Le tout en reconstituant un puissant système de financement permettant d'entretenir un pouvoir centralisateur totalement entre les mains ecclésiastiques. 

N'oublions pas que l'Empire Romain était lui-même un système politique théocratique, et que c'est sur ce principe théocratique que l'Occident a construit sa Renaissance. Et comme ce principe théocratique avait dans son ADN les mêmes tares que celles se trouvant dans le précédent, dont il était la progéniture spirituelle directe, il nous a donné les mêmes effets qui se sont caractérisés par une volonté impérialiste, les conquêtes militaires et une volonté de domination donnant une large place à la loi du plus fort au détriment de la loi du plus intelligent, du plus juste, du plus humain et du plus sage. 

Après la chute de l'Empire romain d'Orient (Constantinople), pendant cette période de chaos et de vacance de l'ancien pouvoir fédérateur, dans une autre partie de l'Empire c'est encore une autre Religion qui a occupé le vide laissé par l'ordre impérial en déconfiture, je veux parler de l'Islam, ce rejeton partageant une part de la filiation avec l'Empire en voie de décadence, et dont on peut constater qu'elle aussi est caractérisée par les mêmes ressemblances génétiques calamiteuses. Pourtant, que ce soit dans la tradition judéo-chrétienne ou l'Islamique, lorsque l'on parvient à séparer les monstruosités imbéciles, intolérantes et sanguinaires, que des scribes et politiciens aussi déjantés qu'irresponsables y ont fourrées, on y retrouve les Principes universels de tolérance, d'amour, de paix, de fraternité, de piété, de vertus et de volonté de bien qui sont les principaux déterminants de toute élévation spirituelle et de libération des Consciences. Il faut juste, comme l'indique l'axiome de la Table d'Émeraude, séparer la terre du feu, le subtil de l'épais. Ou, comme le préconise la Genèse du Sépher de Moïse, savoir discerner le Bien du Mal, en consommant ce fruit mystérieux de l'arbre de la Connaissance. 

Enfin, petite précision sans laquelle tout ceci manquerait terriblement d'amplitude, toutes les Religions auxquelles je viens de faire référence ne sont pas des créations originales, mais des rejetons très abâtardis de ce qui était à l'origine le corpus des Enseignements de la Sagesse immémoriale. Avant d'être appauvrie par une longue dégénérescence, cette ancienne Religion universelle a donné à l'humanité des richesses spirituelles dont le rayonnement a été à l'origine des plus grandioses civilisations, avec lesquelles aucune de ses descendances n'a jamais pu rivaliser en splendeur, universalité et élévation. Ces Enseignements de la Sagesse Immémoriale nous sont en partie parvenus en Occident par le paganisme, dont les persécutions catholiques ont condamné leurs transmetteurs à dissimuler ces Enseignements libérateurs sous le voile de l'occultisme et de l'Hermétisme. En Orient les vecteurs de ces Enseignements sont les Védas, les Puranas et les épopées épiques du Mahâbhârata et du Râmâyana, dont les récits poétiques en langage analogique, doivent être décryptés selon les sens Parlant, Cachant et Signifiant, car ils sont eux aussi hermétiques.

3 commentaires:

Kanzi a dit…

Maître, puisqu'il n'y a pas de Religion qui soit parfaite, ne faut-il pas systématiquement les rejeter ?

Connais-tu un seul homme parfait ? Faut-il les rejeter pour autant ? Et pourquoi "systématiquement" ?
Ou est ton libre arbitre et ton discernement dans ce qui est systématique ?


modeste a dit…

Dialogue 15 les religions 5
Maître, puisqu'il n'y a pas de Religion qui soit parfaite, ne faut-il pas systématiquement les rejeter ?
Les religions ne naissent pas et ne se développent pas par hasard,
elles sont le reflet du niveau d’évolution d’une nation à un moment donné
et un point de passage obligé pour chacun des membre de cette nation qu’elles sont censés amener sur le chemin de la spiritualité.
Mais se croyant à tors détentrice de La Vérité Immuable,
elles essayent de s’ériger elle-même en entité immuable, et deviennent des égrégores,
bridant alors l’évolution des leurs membres et tombant dans l’effet inverse pour lequel elles ont été créées.
Mais une fois qu’une conscience a extrait et assimilé ces bribes de vérité spirituelle qu’elle contient,
la religion concerné devient vite un fardeau dont elle ne doit pas hésiter à se libérer.
Cette religion se retrouve tôt ou tard dépassée par l’évolution de ses membres,
d’où la désertification des lieux de culte…et l’oubli dans lequel elle finit par sombrer.

Pour une conscience qui a atteint un certain niveau d’évolution,
les religions ne sont ni à jeter ni à garder,
mais à considérer pour ce qu’elles sont, des doctrines obsolètes, possédant pour les meilleures des bribes de vérité,
ayant contribuée en leur temps à l’élévation du niveau spirituel de l’ensemble,
et pouvant encore aider certains retardataires à se placer sur ce chemin de la spiritualité.

Petitruc a dit…

Maître, puisqu'il n'y a pas de Religion qui soit parfaite, ne faut-il pas systématiquement les rejeter ?

« Il n’y a pas de religion supérieure à la Vérité »

Partant de là, ce que tu sembles ne pas avoir compris, c’est que dans ta Quête, selon ton niveau d’évolution, tu auras différents chemins qui se présenteront à toi, également différentes auberges qui te permettront de reprendre ton souffle et te proposeront de quoi reprendre des forces pour continuer le pèlerinage. Ce serait un manque de bon sens et de discernement que de préconiser à tous le refus de tous ces services sans prendre en compte les besoins de chacun.
Cependant je t’avertis de prendre garde à la malveillance de beaucoup qui la pratiquent par profits, et dont il est fort judicieux de se questionner sur la vraie nature de leur service.
Beaucoup se damneront à attester que la Vérité se trouvent entre leurs mains et qu’il n’y a pas de raison de reprendre chemin. Si donc tu te fais leurrer, malheur à toi, car tu te condamnes à errer dans un cul-de-sac. N’oublie jamais que tu as toujours la possibilité, si ce n’est l’obligeance, de reprendre ta route, car la marche et l’effort sont le seul moyen de tendre vers ce que tu veux, si tu le veux vraiment.

A cela j’ajouterai que la puissance d’une vérité plus intemporelle, ne s’obtient pas par le rejet de ce qui lui est inférieur, temporel. Elle en est la synthèse, c’est à dire qu’elle les englobe, les a incorporé par un mélange subtile rendu possible par un savoir-faire incontournable et en ressort une concoction élégante et savante, dont la caractéristique principale sera d’être supérieure à la somme de ses ingrédients.

Si tu es sincère sur ta quête de la Vérité, parfaite et absolue qu’elle est, tu vas devoir incontournablement rencontrer diverses formes de vérités relatives. Le principe des religions en est une, et chaque Religion possède une parcelle de Vérité plus ou moins grande. La rejeter totalement, c’est rejeter cet infime particule de Vérité et c’est se fermer à la possibilité de découvrir ce qui lui est supérieur. Un bon gâteau peut être parfaitement mangeable et rien de plus, ou alors on peut y trouver l’ingrédient magique, le coup de main sublime, la technique prodigieuse lors de la concotion, et il n’aura plus rien à voir avec le précédent. Et rien ne t’obligera à manger des deux gâteaux, alors que l’un est délicieux et l’autre insipide. Sache que l'un est contenu dans l’autre.

L’alchimiste est hermétique à ses désirs, passions et émotions, à l’appât du vice, de l’ignorance. L’hermétiste est impénétrable mais pas sourd.