lundi 14 novembre 2016

Dialogue N° 15 : La bonne Foi et la Raison, les religions. 3




Maître, voudrais-tu dire qu'il est possible d'avoir la Foi, sans même être obligé de passer par l'intermédiaire d'une Religion ?



Selon l'évolution de ton état de Conscience et la somme des Connaissances accumulées, je te confirme que non seulement il est possible de se passer de l'habillage particulier d'une Religion, mais c'est même le propre d'un niveau élevé d'initiation.

La Foi qui s'exprime au travers d'un esprit libre éclairé par les Lumières de la divine Providence se retrouve dans la Philosophie spirituelle Hermétique. Celle-là même dont le Maître Tibétain Koot Houmi disait :

"La Philosophie Hermétique convient à toutes les croyances et à toutes les philosophies et ne va à l’encontre d’aucune. C’est l’océan infini de la Vérité, le point central vers lequel coulent et où se rencontrent toutes les rivières et tous les fleuves - qu’ils aient leur source à l’Est, à l’Ouest, au Nord ou au Sud. De même que le cours du fleuve dépend de la nature de son bassin, ainsi le canal pour la communication de la Connaissance doit se conformer aux circonstances environnantes. L’Hiérophante égyptien, le Mage chaldéen, l’Arhat et le Rishi étaient tenus aux temps anciens au même voyage de découverte et arrivaient à la fin au même but quoique par des pistes différentes."

Une Conscience pouvant se permettre d'avoir une Foi éclairée par ses Connaissances, est forcément celle qui a su tirer ce qu'il y avait de meilleur dans chacune des Religions, sans jamais se laisser enfermer et conditionner par les aspects réducteurs de ses rituels asservissants, et contaminer par les impuretés accumulées par les aspirations d'un clergé plus préoccupé par des richesses, du pouvoir et des vanités honorifiques, ou par l'idolâtrie d'adeptes ignorants prompts à rendre sectaire ce qui ne l'est pas, et à transformer l'universalité d'un Principe lumineux en une effroyable suite d'intolérances ténébreuses et régressives.

Si la Vérité est toujours supérieure aux Religions, c'est qu'aucune de ces Religions n'a été et n'est en mesure d'être aussi universellement cohérente, homogène, lumineuse et immuable que cette Vérité. Le piège que renferme le principe d'un habillage religieux, d'un aspect limité de cette Vérité, est celui qui consiste à transformer la Foi éclairée par la Raison en une Foi aveugle et en superstition. Superstition dont le philosophe mystique Fabre d'Olivet donnait une définition synthétique parfaitement inspirée, à savoir : que la superstition consiste à donner de la valeur à ce qui n'en a pas. L'immense majorité des rituels qui structurent les grandes Religions ne sont plus composés que de superstitions, dont le culte du "miracle" en est la figure emblématique la plus délirante. Cette Foi aveugle se nourrit, en plus de la superstition, de récompenses et de punitions, ce qui caractérise le propre de l'asservissement. 

Pour en revenir à cette Faculté supérieure qu'est la Foi, sache que tu l'utilises sans même t'en rendre compte, dans le moindre de tes aspects les plus ordinaires de ta vie quotidienne. Lorsque tu prépares tes vacances prochaines, tu fais reposer ta décision sur la Foi que tu as d'être encore en incarnation lorsque cette période future arrivera. Lorsque tu donnes des rendez-vous, à des dates plus ou moins éloignées, tu utilises la Foi comme si tu utilisais ta Raison, pourtant rien ne permet à la Raison de te donner la moindre certitude de la réalisation de ces conjectures très aléatoires, car en plus de l'incertitude de ta présence, rien ne te garantit que la ou les personnes que tu envisages de rencontrer, à ces dates ultérieures, seront effectivement présentes. Lorsque tu dis, avant de te coucher, à demain à tes proches, ta conviction ne repose pas sur la Raison, mais uniquement sur la Foi. Il en est de même lorsque tu cotises pendant des dizaines d'années dans l'espoir de prendre ta retraite avec une rente promise. Ceci pour te faire comprendre que la Foi est bien une Faculté propre à la nature du cerveau d'une Conscience humaine, et qu'elle ne se limite pas, contrairement à ce que voudrait le faire croire la normalité ambiante, qu'à des aspects religieux, mais s'utilise autant que la Raison dans des domaines aussi variés que la science, la politique, la vie quotidienne la plus banale, ou l'agriculture. Car planter en hiver pour récolter en été, relève autant de connaissances agronomiques, astrologiques raisonnables que des convictions intangibles, abstraites et subjectives faisant reposer la Foi sur une multitude de paramètres aussi aléatoires que probabilistes comme ceux d'une météo capricieuse.

Ce n'est pas la religion qui fait la Foi, mais la Foi qui permet l'expression de la ou des religions. Plus cette Foi sera juste et inspirée, moins elle aura la nécessité de s'enfermer dans le carcan étroit d'un dogme religieux ; moins elle sera juste et éclairée, et plus son dogme religieux sera sectaire, intolérant et asservissant. La pire des religions étant celle qui a pour vocation avérée de persécuter toutes les autres, y compris des courants sensiblement différents issus de celle-ci. Chronos (le temporel imparfait) dévore toujours ses propres enfants.


vendredi 4 novembre 2016

Dialogue N° 15 : La bonne Foi et la Raison, les religions. 2




Maître, lorsque je faisais référence à une Foi, je voulais dire une Religion. Comment savoir laquelle est la meilleure et la plus éclairée ?



Toutes les Religions comportent, à des degrés divers, une part de ce qui est le meilleur, et une part de ce qui est le pire de la nature humaine. Bien qu’aucune ne puisse prétendre n’être autre chose qu’un étroit passage obligé sur le chemin de la perfectibilité pour permettre l’évolution d’une Conscience. 

Si une seule Religion détenait la Vérité, toutes les autres seraient immédiatement spirituellement démonétisées et ringardisées. Depuis le temps, elle se serait imposée comme la seule par la lumière de cette Vérité qui a pour propriété, celle d'éclipser toutes les autres qui viennent se fondre dans la plus lumineuse. Comme le rappelle la devise des Maharajas de Bénarès : 

Il n’y a pas de Religion qui soit supérieure à la Vérité.  

Ce à quoi j'ajouterai que cette Vérité absolue se caractérise par le fait qu'elle intègre harmonieusement toutes les vérités relatives sans avoir besoin ni de les combattre ni de n’en rejeter aucune. 

Quelle que soit la façon dont tu tenteras de résoudre ta préoccupation religieuse spirituelle, tu finiras toujours par te confronter à cet obstacle de cette part de "vérités relatives" que contient une Religion spécifiquement humaine. Sur quelles « vérités » indiscutables (la plus universelle) est établie son ontologie ? Son dogme est-il asservissant ou libérateur, sectaire ou universel ? Tolérant ou intolérant ? Y a-t-il au sein de son clergé des membres qui, blasphème suprême, osent avoir la vanité de prétendre pouvoir parler au nom d’un « dieu » dont ils auraient l’insolent privilège d’avoir l’écoute et d’en recevoir les instructions ? Je pourrais te poser une liste quasiment infinie de questions de cette nature, et auxquelles tu ne pourrais apporter que de piètres réponses, ce qui ne te ferait pas beaucoup avancer dans tes recherches. La quête de la Vérité se suffit à elle-même, puisqu’elle implique, de la part de ceux qui la cherchent, la Foi de croire qu’Elle existe, qu'Elle peut être progressivement accessible, pour peu que l'on s'en donne la peine, et que son approche progressive permet d’en vérifier la réalité de l’existence par le simple fait qu’au fur et à mesure que les chercheurs avançant dans leur quête, cela leur procure sans cesse un considérable élargissement de leur champ de Conscience, une régénération constante de l'amplitude de leurs perspectives, une réelle sensation de libération des asservissements antérieurement subis, ainsi qu'un accès à un libre arbitre croissant. 

Si tu cherches une Religion, comme si tu cherchais un des meilleurs restaurants, tu finiras toujours par trouver celle qui aura su se présenter à toi selon les critères qui seront propres à satisfaire tes appétences. Ce ne sera pas la meilleure de toutes les Religions, mais celle qui te donnera l'impression de l'être en parvenant à satisfaire tes envies, désirs, aspirations, passions, émotions, perversions et ta conception de l'extase spirituelle, à défaut d’être spirituellement gastronomique. Plus tes critères seront exigeants, plus l'addition sera salée. 

Une Religion qui coûte, contraint et asservit est à l'image du grand restaurant : attractif et hors de prix au moment de payer l'addition. La quête de la Vérité ne coûte rien puisqu'elle enrichit sans cesse celui qui la cherche ; elle ne contraint pas ni n'asservit, car elle repose sur le Principe du Don absolu : celui de l’Amour offrant la Liberté.