lundi 5 décembre 2016

Dialogue N° 15 : La bonne Foi et la Raison, les religions. 4






Maître, mais alors à quoi peuvent bien servir ces Religions, si aucune ne peut prétendre rivaliser avec la Vérité ?



Ces différentes Religions, qui ne sont d'ailleurs jamais immuables ni impérissables, comme une longue connaissance de l'Histoire de l'humanité permet de le constater, sont des structures d'organisations collectives offrant au plus grand nombre de profanes et d'ignorants la possibilité d'activer progressivement certaines de leurs Facultés supérieures, afin de permettre, pour les plus décidés, d'éveiller leur Conscience, et pour les autres à recevoir un ensemble sommaire de règles sociétales et "morales" normatives ayant pour dessein d'améliorer les rapports entre individus, par la pratique d'usages civilisés qui composent les critères de la normalité ambiante d'une société, d'une Nation et d'une Civilisation. 

Force est de constater que sans cette structuration religieuse, la nature sauvage, égoïste et barbare d'une complexion animalière humaine originelle, sans Conscience ni vertus, ferait rapidement sombrer une population dans un état hétérogène chaotique uniquement basé sur la violence de la loi du plus fort, celle qui reste lorsqu'il n'y a plus aucune autre loi civilisatrice. 

Ici donc, la Religion est un moyen primaire de gouvernance qui sert à structurer l'ordre social soit par la peur qu'inspirent les sanctions et châtiments qu'elle promet aux déviants de la normalité ambiante ; soit par la piété, l'altruisme et la compassion que font rayonner certains de ses plus sincères dévots, venant servir d'exemple à ceux qui cherchent un modèle de conduite, ou auxquels on indiquera cet exemple comme étant le dénominateur commun que doivent avoir ceux qui veulent se rendre socialement acceptables. Mais, et c'est là que repose l'une de ses principales failles, une Religion qui récompense et punit, ne peut s'empêcher de diviser et d'exclure, et donc de reposer sur la peur, la domination et inéluctablement sur l'asservissement collectif. C'est ainsi qu'au nom d'un soi-disant "dieu d'amour universel", nombre de ces Religions se rendent coupables de chasse à ceux qu'elles désignent comme des infidèles, des impies, des hérétiques, des païens et qu'au travers de croisades, de guerres saintes et de conversions forcenées elles en viennent aux pires massacres, génocides, carnages, hécatombes, holocaustes et autres crimes contre l'humanité. 

La Vérité que quête inlassablement la philosophie Hermétique a ceci de supérieur à toutes les Religions c'est que d'une part, personne n'est jamais obligé de s'y convertir puisque chacun en fait partie de plein droit sans aucune obligation de soumission. Et que d'autre part, son dogme est l'un des plus simples et des plus universels, car il se résume de la façon suivante : nous sommes tous les légitimes enfants égaux en droit d'Amour du Divin Créateur. En dessous de ce postulat, commence la ségrégation, le sectarisme, la division et l'intolérance. 

Lorsque l'universalité n'est plus respectée par une Religion, celle-ci sombre rapidement dans la démagogie, le manichéisme primaire et diviseur et s'embrouille dans la gestion de paradoxes ingérables qui la déconnecte des réalités les plus conformes aux lois de la Nature la plus universelle. Il est maintenant clairement établi que le spirituel se corrompt inévitablement lorsqu'il entend s'occuper politiquement du temporel. Parler arbitrairement au nom d'un "dieu" en laissant croire qu'il favoriserait une partie de sa création, au détriment d'une autre, est l'une des plus impressionnantes imbécilités que la nature humaine puisse produire en utilisant sa Foi de façon aveugle et son intelligence en mode involution. C'est pourtant sur cette imposture que les élites religieuses "christiques" de l'ancien Empire Romain sont parvenues à en phagocyter le pouvoir politique en instaurant, après les nombreux cataclysmes qui ont suivi la longue décadence de cet Empire, une religion commune qui se voulait dès le départ unique et intolérante : le Catholicisme. Or, le Catholicisme n'est pas une religion, mais une idéologie politique dogmatique et arbitraire. La Religion qui lui sert d'alibi est le Christianisme, mais l'idéologie politique du Catholicisme n'a jamais respecté, dès ses origines, aucun des enseignements du Christianisme. Tout en prêchant ses préceptes, elle a toujours fait systématiquement le contraire ( aimez-vous les uns les autres, tu aimeras ton prochain comme toi-même). 

En acceptant comme crédible ce postulat chimérique d'une doctrine venant d'une autorité cléricale auto-proclamée, une Religion se trouve confrontée au paradoxe qui consiste à considérer que le "dieu" au nom duquel elle prétend agir, n'est pas parfait puisqu'il admet qu'une partie de ses créatures n'est pas digne de sa considération, et que par voie de conséquence Il commet, en tant que Créateur, des erreurs (flagrant constat qui ruine la crédibilité en son infaillibilité et même de sa nature divine), et qu'Il ne mérite pas d'être considéré comme ce "dieu" universel, Parfait, Juste et Irréprochable puisqu'Il en arriverait à manifester la pire de toutes les intolérances, celle qui consiste à détruire ceux qui ne pensent pas comme Lui, ce qui par ailleurs démontrerait qu'Il ne nous veut pas libre, mais entièrement soumis à sa volonté caractérielle. Il y aurait comme qui dirait un côté démoniaque dans ce petit "dieu" jaloux, colérique et capricieux des Religions sectaires, que cela ne serait pas fait pour me surprendre. Là encore, le plus sûr moyen de ne pas s'égarer reste celui qui consiste à juger l'arbre à ses fruits, l'être humain à son parcours et les Religions à leur histoire selon les richesses spirituelles qu'elles produisent, ou les calamités sanguinaires qu'elles laissent dans leurs sillages. 

Une Religion n'a de véritable utilité spirituelle commune que si elle se soumet elle-même à l'autorité supérieure la plus universelle qu'est la quête permanente de la Vérité.

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