mardi 10 novembre 2015

Dialogues N° 4 : Le demi-dieu (MAJ du 16/11/2015)






Maître, qu'est-ce qu'un demi-dieu ?







Un demi-dieu c'est un être humain qui est encore fortement sous la domination sensorielle et émotionnelle de sa nature animale (Substance/Matière), et très peu sous l’influence salvatrice de sa nature spirituelle humaine dévique (Essence/Esprit). 

Si certaines Consciences savent qu’elles ont les potentialités de vaincre leur nature animale pour permettre à leur nature humaine de s’épanouir, très peu de ces Consciences savent qu’elles ont aussi, en contingence d’être, une nature dévique.




Maître, si une Conscience est encore sous l’influence de sa nature animale, comment peut-elle malgré tout espérer devenir un demi-dieu ?




Comprends d'abord le Principe de la triple nature que possède une Conscience incarnée dans une forme humaine. 

Elle est un animal avant de devenir un demi-humain, puis un humain accompli avant de devenir un demi-dieu. Une Conscience de nature animalière, qui est uniquement gouvernée par l'instinct de ses besoins organiques, peut espérer, après une lente évolution sensorielle, devenir un être humain dont la nature se caractérise davantage par la préoccupation de ses devoirs intellectuels que par celle de ses besoins organiques. Ce n'est que lorsqu'elle sera devenue une Conscience humaine accomplie, par le développement de son intelligence et de son sens des responsabilités individuelles et collectives, qu'elle pourra alors développer ses Facultés spirituelles supérieures qui lui permettront d'activer les caractéristiques de sa nature dévique, qui est à l'état latent dans sa nature humaine, et dont le niveau d'éveil sera proportionnel à l'élargissement de son champ de Conscience en rapport avec l'étendue de ses Connaissances. 

En attendant de parvenir à l'éveil complet de sa nature dévique, cette Conscience humaine en évolution fera partie des demi-deva. Là encore, nous retrouvons le Principe qui veut que la Conscience ne devienne que ce qu’elle décide librement de penser, et selon sa volonté à mettre en pratique ses pensées. 

Si un individu pense comme un valet, il deviendra un valet, mais s’il pense comme un Roi, il deviendra un souverain. S’il pense qu’il n’est pas autre chose qu’un animal qui doit uniquement être préoccupé par ses besoins organiques (manger, boire, éliminer, dormir, se reproduire et le reste de son temps libre batifoler en pratiquant des loisirs aussi insignifiants que crétins), il ne sera, dans son incarnation, que cet animal qui ne différera des autres que par les spécificités et les caractéristiques de son espèce. S’il décide de devenir un être humain, il fera l'effort de développer ses facultés intellectuelles et émotionnelles, ainsi que son sens des responsabilités individuelles et collectives, et celui de ses devoirs propres à chacune de ces deux catégories. 

Lorsqu'une Conscience parvient à devenir un être humain pleinement éveillé, si elle décide d'activer sa nature dévique, elle développera ses Facultés supérieures de discernement subtil, de perceptions intuitives spirituelles, ses Connaissances, ses vertus, sa sagesse et la pratique du service désintéressé au profit de l’utilité commune en se dévouant au Dharma.



 Maître, est-ce que je dois comprendre que le fait de pouvoir devenir un demi-dieu ne dépend de rien d’autre que de la volonté d’une Conscience ? 



Tu as parfaitement compris ce qui relève du libre arbitre, mais aussi des efforts que devra faire une Conscience humaine pour sortir (se libérer) de sa condition animalière, puis de celle qui caractérise la condition humaine propre à l’identification d’une forme éphémère et causale, pour parvenir à l’état de deva. Cela s’appelle depuis la nuit des temps : l’initiation. 

À ce niveau d'information que je te transmets, il convient de ne pas oublier que s'il est permis de comprendre, sans difficulté particulière, que toutes les Consciences incarnées dans une forme humaine ont la faculté de passer de leur nature animalière à leur nature humaine, avec pour seul privilège celui des efforts volontaires qu'elles seront capables de fournir, il n'y a pas davantage de privilèges qui seraient réservés à certaines Consciences et pas à d'autres dans le passage de la nature humaine à la nature dévique. Là encore, seuls les mérites et la continuité dans l'effort volontaire d'évolution - tout au long des incarnations successives -, seront les conditions d'une transition (transmutation) réussie. 

Il y a dans la question à laquelle je réponds, un contenu implicite qui laisserait penser que pour devenir un demi-dieu il soit nécessaire d'obtenir le consentement ou l'approbation d'intervenants extérieurs qui imposeraient inévitablement leurs conditions et leur volonté. En vérité, il n'en est rien. Si une Conscience parvient à remplir les conditions, qui sont de l'ordre des Principes universels (Dharma), alors elle n'obtiendra pas l'approbation, mais l'assistance Bienveillante et la participation des Consciences plus avancées qu'elle, et qui n'attendent que cette circonstance pour remplir leur mission de service désintéressé.




Maître, qu’est-ce qui différencie une Conscience qui s’initie, d’une autre qui n’en fait pas l’effort ?





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6 commentaires:

Anonyme a dit…

Merci,je comprends grâce à vous ce qu'est la voie du milieu. Je suis un cherchant qui a trouvé beaucoup de lumières dans vos écrits . Bien à vous et encore merci. Chris

Le Gaulois libre a dit…

Merci Chris, pour votre aimable commentaire, expression d’une âme généreuse à laquelle je suis toujours infiniment sensible.

Vous avez aimé les petits échanges entre «l’élève» et le «maître», alors vous ne devriez pas être déçu par ceux qui viendront, ils seront chaque fois d’une tonalité progressivement croissante.

Fraternellement.

Sa-Ousir a dit…

Premièrement en prenant progressivement conscience des influences de sa nature animale sur son libre-arbitre, influences qui contraignent cette conscience à ne pouvoir vivre selon sa volonté propre mais à subir la vie de manière, disons, automatique.
Cette prise de conscience lui permettra de discerner que cette conscience-sienne qui est capable d'observer et de prendre du recul sur les forces qui la soumettent reçoit, ce faisant, l'influence d'une nature différente, non-animale. Elle discernera progressivement les aspirations et tendances de cette autre nature, pressentira qu'elle possède le pouvoir de la libérer de l'attraction funeste de sa nature animale. Elle sentira aussi que cette nature différente est pour l'instant étouffée, emprisonnée, ce qui lui sera insupportable. Elle cherchera alors à vouloir briser cette chrysalide qui l'empêche de voler, car maintenant, elle n'ignore plus qu'elle possède aussi des ailes.

Anonyme a dit…

Je me demandais mon ami est-ce que cette nouvelle mode de spiritualité à la quête du bonheur,sans souffrir et en évitant les problèmes n'était pas une chimère de plus. En ce qui me concerne il à fallut que je touche le fond pour réaliser que je pouvais remonter et il a fallu que j'oublie plusieurs fois pour apprendre.L'eveil sans effort et sans souffrir me paraît impossible. Chris bien à vous.

Le Gaulois libre a dit…

Oui, la quête du bonheur les doigts de pied en éventail n’est qu’un attrape-couillon pour les angéliques benêts pratiquant la méditation par une concentration hypnotique de leur nombril.

En tout cas ça n’a jamais été ce que nous conseillons que ce soit sur ce blog ou sur les forums de la Fraternité d’Hermès

http://hermesfraternite.forumparfait.com/

La quête de la Vérité implique que l’impétrant ne reste pas scotché sur son canapé en attendant que ça lui vienne tout cuit dans la citrouille.

Le dévouement au Dharma n’est pas un passe-temps frivole pour paresseux, et encore moins un loisir de dilettante.

Ici, il faut sans cesse aller au-delà de ses limites si l’on veut espérer participer durablement à ce trekking de l’extrême.

Lilbudha a dit…

Proposition de réponse à la question :
Maître, est-ce que je dois comprendre que le fait de pouvoir devenir un demi-dieu ne dépend de rien d’autre que de la volonté d’une Conscience ?

Tu as parfaitement raison. De la volonté de la Conscience dépend son évolution, et de rien d'autre.

Mon propos est toutefois à nuancer car la volonté libérée des contraintes imposées par la sphère animale n'a rien à voir avec celle qui en émane, de ces contraintes, et qui se caractérise par les désirs, les envies, les besoins, la quête de jouissance, physique ou intellectuelle, une sorte de pastiche médiocre de la véritable volonté.

La première forme de volonté évoquée est l'expression du libre arbitre de la Conscience, alors que la seconde est l'expression de la volonté des asura qui assurent le service tant que la Conscience ne renoue pas volontairement avec son libre arbitre. La première forme de volonté libère et fait entrer l'impétrant dans le dévouement au Dharma, tandis que la seconde ne fait que renforcer les chaines d'asservissement karmique de la Conscience. La première forme de volonté est verticale et transcendantale, c'est à dire qu'elle a pour principale caractéristique d'aligner la conscience animale, sur la conscience humaine et la Conscience humaine à la Conscience dévique, la seconde forme est horizontale et asservissante, elle n'est préoccupée que par le maintien de la Conscience (animale et humaine) dans les limites étriquées de sa forme d'identification. Enfin, la première forme de volonté est pure, dans le sens où elle ne connaît que sa lumière sans se préoccuper des obstacles qui se dresseront sur son chemin et avec qui elle n'a rien à voir, la seconde est partie intégrante de ces obstacles et constitue en réalité, le principale frein à la véritable Volonté.

Les temps que nous traversons mettent en exergue les différences fondamentales qui existent entre ces deux formes de volonté. Si l'apocalypse est aussi appelée "la révélation", je le comprend comme étant l'ajustement salvateur du discernement de la Conscience, qui lui permettra de ne plus se bercer des illusions sordides de maya et de son armée.

Proposition de question par l'élève:
Maître, pourquoi est-ce si difficile de faire appel à sa véritable Volonté ?